L'ictère néonatal (bilirubinémie élevée dans les premiers jours de vie) est fréquent et souvent bénin (ictère physiologique). Il devient pathologique et urgent si précoce (< 24 h de vie), prolongé (> 10 j chez le NN à terme) ou associé à un syndrome hémolytique. La complication grave est l'ictère nucléaire (encéphalopathie bilirubinique) par dépôt de bilirubine libre dans les noyaux gris centraux.
Diagnostics à ne pas manquer
Ictère précoce < 24 h de vie (toujours pathologique : incompatibilité Rh ou ABO, déficit G6PD, infection)
Ictère grave avec bilirubine > seuil (courbe de Bhutani + terme) → photothérapie intensive urgente ± exsanguino-transfusion
Ictère cholestatique (bili conjuguée > 20 % bili totale : atrésie des voies biliaires → chirurgie avant 8 semaines)
Causes fréquentes
Ictère physiologique (J3-J4 à terme, J5-J7 chez le prématuré — bili non conjuguée < seuil de photothérapie)
Ictère au lait de mère (prolongé mais bénin — pas d'arrêt de l'allaitement)
Incompatibilité ABO mère/enfant (A ou B chez enfant de mère O — Coombs +/-)
Incompatibilité Rhésus (mère Rh- × enfant Rh+ — prévenu par prophylaxie Ig anti-D pendant grossesse)
Déficit en G6PD (garçon, origine africaine ou méditerranéenne, hémolyse au contact oxydants)
La fiche « Ictère chez le nouveau-né » de SimECOS détaille aussi 6 questions d'interrogatoire ciblées, 5 gestes d'examen clinique attendus, les examens complémentaires par ordre d'intention, la conduite à tenir en 5 étapes, 4 conseils spécifiques à l'épreuve ECOS — alignés sur les fiches LiSA et le référentiel R2C.